Le fardeau financier du cancer : une réalité souvent ignorée

Partagez sur

Le fardeau financier du cancer : une réalité souvent ignorée

Quand on parle de cancer, on pense souvent au choc du diagnostic, aux traitements, à la fatigue ou au stress émotionnel. On pense rarement aux coûts qui s’accumulent tout au long du parcours de soins.

Pourtant, le fardeau financier du cancer est immense pour la personne atteinte et ses proches. Le rapport économique 2024 de la Société canadienne du cancer nous explique bien cette réalité.

Des chiffres qui parlent

En 2024, le cancer a couté environ 37,7 milliards de dollars aux canadien.ne.s. La plus grande partie, soit 30,2 milliards, a été assumée par le système de santé pour couvrir les hospitalisations, les soins et les traitements. Cependant, environ 7,5 milliards de dollars ont été payés par les personnes atteintes et leurs proches. Cela représente un poids énorme pour les familles touchées.  

Selon le rapport, une personne atteinte d’un cancer du sein et ses proches doivent assumer près de 33 000 $ en dépenses liées à la maladie.  Cela inclut les médicaments, le transport et d’autres dépenses, souvent aggravées par la perte de revenu ou un arrêt de travail.

  • Des frais souvent non couverts
    Malgré que le Canada a un système de soins de santé universel, tous les frais reliés à la maladie ne peuvent être couvert. Tout d’abord, certains médicaments ne sont pas remboursés en totalité. De plus, il faut aussi payer pour le transport vers les centres de soins, l’hébergement, les repas, ou encore les soins à domicile. Ces dépenses s’ajoutent vite et peuvent créer un stress financier important.
  • Le temps et les déplacements
    Les traitements ne sont pas toujours disponibles près de chez soi. Certaines personnes doivent faire des heures de route chaque semaine. Ce temps sur la route ou dans les salles d’attente a un coût : fatigue, perte de revenus, absence du travail.
  • L’impact sur l’emploi
    Le cancer change la vie quotidienne. Beaucoup de personnes doivent réduire leurs heures de travail ou prendre un long congé. Certains doivent même arrêter complètement de travailler. Les revenus baissent, mais les factures, elles, continuent de s’accumuler.

Le rapport indique que les dépenses les plus importantes apparaissent souvent la première année, lorsque les traitements sont les plus fréquents. Le rapport termine en nous expliquant que les coûts devraient encore augmenter de 23 % d’ici 2034.

Des inégalités encore plus grandes

Tout le monde ne vit pas le cancer de la même façon. Les personnes qui ont un revenu plus faible ou qui vivent loin des centres de soins ont souvent plus de difficultés. En région éloignée, le transport coûte souvent plus cher, les services sont plus rares, et il y a moins d’aide disponible. Ces personnes se retrouvent souvent les plus touchées par le stress financier.

Le vécu humain derrière les chiffres

Derrière chaque chiffre, il y a une histoire. À la Fondation cancer du sein du Québec, nous rencontrons chaque jour des personnes dont la vie a été bouleversée par un diagnostic. Elles nous parlent des choix difficiles qu’elles doivent faire afin de pouvoir arrondir les fins de mois.

Ces réalités se vivent souvent dans le silence. Nous voyons des familles se serrer les coudes, des proches s’épuiser, des personnes s’inquiéter pour leur santé et pour leurs finances. Derrière les statistiques, ce sont des réalités humaines remplies de courage et de résilience.

Ce que fait la Fondation cancer du sein du Québec

À la Fondation, nous voulons briser le silence sur la précarité financière liée au cancer du sein. Nous sensibilisons le public à ces réalités et défendons les besoins des personnes touchées.

Nous offrons également un soutien financier pour alléger ce fardeau et aider les personnes à traverser cette période avec sérénité et dignité. Cliquez ici pour en savoir plus sur notre programme d’aide financière.

De plus, nous offrons un service de soutien psychosocial, un service d’accompagnement pour aider à mieux traverser cette période. Cliquez ici pour en apprendre plus.

Aidez-nous à mieux les aider

Cette année, la réalité nous rattrape. Pour la première fois de notre histoire, nous avons dû suspendre le programme d’aide financière pendant trois mois, faute de budget. 90 jours durant lesquels des centaines de personnes atteintes ont vu leur demande d’aide financière refusée. 

C’est pourquoi la campagne de fin d’année vise à récolter 332 000 $, afin de compenser les dossiers non acceptés en 2025.

Faire un don n’est pas qu’un geste de générosité : c’est une prise de position claire. C’est affirmer qu’au Québec, personne ne devrait s’appauvrir pour se soigner.


Sources